Voyage à Pékin, Shanghai et Suzhou / Mai 2007
Ce voyage a été précédé d’une première visite à Pékin en octobre 2004. Première découverte, premières impressions, immersion dans les ruelles du vieux Pékin et au cœur de la Cité Interdite… avec le sentiment de parcourir des siècles d’histoire, des millénaires même ! De ce premier voyage je suis revenu avec très peu de photographies, des manques aussi, de ce que je n’avais pas eu le temps de découvrir.
Ce deuxième voyage devait donc combler ces manques et me donner le temps de rendre compte de cette ville ! Et, quitte à partir aussi loin ( !), le voyage a été complété des visites de Shanghai, Zhouzhuang et Suzhou. L’idée étant d’établir une sorte de « carnet de voyage », je me suis muni d’un petit appareil photo numérique me permettant de capter des photographies et aussi des vidéos : la présentation de ces images allie donc le son et l’image dans de petits montages vidéos thématiques.
Ce voyage est un voyage d’ "architecte" ! Pourtant je ne vous convie pas à une visite guidée au cours de laquelle vous verriez frontalement les « monuments » et particularités architecturales de ces villes ; je vous invite plutôt à une immersion au cœur de ces villes, dans leur aspect le plus « humain », au cœur de la vie des habitants… Car c’est bien cela qui m’intéresse et que je souhaite vous faire partager. Les bâtiments sont à l’arrière plan, comme un cadre, qui détermine et influe les attitudes et les comportements. C’est aussi comme cela que fonctionne la réalité, et lorsque certains d’entre nous tentent de s’y soustraire et mettent « en avant » leurs bâtiments, comme des objets, la vie disparaît et s’efface au profit des systèmes…
Vous comprendrez donc que je n’ai pas tout filmé et photographié : délibérément ! Je me suis abstrait des lieux qui ne sont pas fait pour l’ « individu » et qui évoquent des systèmes, des principes, des utopies. De là, certains concluront (trop) rapidement que cette vision est nostalgique et qu’elle ne traite pas de l’ensemble de la ville ! Mais j’attends, comme beaucoup d’autres, de voir des réalisations contemporaines qui se préoccupent de l’individu et de la qualité d’habiter ! Cela est pourtant possible, mais ce n’est pas la manière de faire des utopies modernes !
Beaucoup d’entre nous, architectes, croient au progrès, déclament parfois des sauts qualitatifs ou épistémologiques qui ne me convainquent pas et qui appartiennent plutôt au monde marchand, tentant de faire survivre les concepts moribonds et tristes du mouvement moderne. Je me souviens du mouvement moderne qu’il est né en Europe de la découverte des architectures asiatiques, et j’y retourne….
De Pékin je vous montre donc la vie « merveilleuse » des hutong et de Shanghai celle des lilong : pris dans les délires de la création « à tout prix », certains considèrent ces formes obsolètes ou connotées politiquement ! J’y vois des cadres de vie merveilleux, et des modèles urbains à reconduire, pourvu que l’humilité fasse partie de notre métier. Ces formes éprouvées par des millénaires de culture et d’apprentissage des pratiques humaines valent plus que nos fantasmes…
Luc DUPONT, architecte, 28 décembre 2007